Quels sont les bienfaits de l’art-therapie sur le cerveau ?

Nous savons aujourd’hui grâce aux neurosciences que créer ne mobilise pas seulement notre imagination : cela modifie l’activité cérébrale, régule les émotions et influence notre système nerveux.

L’art-thérapie moderne est l’utilisation du processus créatif comme médiateur thérapeutique pour soutenir le bien-être physique, avec le maintien des capacités, mais aussi psychique, émotionnel et parfois cognitif (fonction de connaissance et mettent en jeu la mémoire, le langage, le raisonnement, l’apprentissage, l’intelligence, la résolution de problèmes, la prise de décision, la perception ou l’attention).

L’Art-thérapie moderne se fonde sur « l’utilisation et l’évaluation des effets de l’esthétique par la pratique artistique dont l’objectif est de valoriser les potentialités et la partie saine de la personne en souffrance» (def. Richard Forestier). En ce sens, elle prend donc l’être humain dans sa globalité, c’est-à-dire qu’elle considère ses trois entités (physique, mentale et sociale). Elle se base sur les pouvoirs et effets de l’Art (entrainement, éducatif, relationnel) et sur les particularités du processus artistique, en contemplation et en production. Elle prend également en compte la subjectivité de la personne et son idéal esthétique.

2. Pourquoi le cerveau a besoin de créer ?

Le cerveau humain n’est pas conçu uniquement pour penser — il est conçu pour ressentir, symboliser et exprimer.

Lorsque nous faisons face à une œuvre d’art, qu’il s’agisse d’une peinture, d’une sculpture ou même d’une performance artistique, notre cerveau se met instantanément au travail. Des études ont démontré que certaines zones du cortex cérébral — notamment celles impliquées dans le processus esthétique — sont particulièrement actives lors de la contemplation d’une œuvre d’art.

Une autre partie importante du cerveau que l’art stimule est le système de récompense. Lorsque nous apprécions une œuvre d’art, notre cerveau libère de l’ocytocine, une hormone souvent associée au plaisir et au bien-être. Cette activité neuronale contribue à générer les sentiments de bonheur et d’émerveillement que l’on peut ressentir devant une belle œuvre d’art.

Des études montrent que lorsque nous créons une œuvre d’art, le sang afflue vers le cortex préfrontal médian du cerveau, le centre de récompense de notre cerveau.
La création artistique envoie également de la dopamine dans notre système nerveux.
L’augmentation de la circulation sanguine dans le cortex préfrontal médian et l’augmentation des niveaux de dopamine élèvent notre humeur. Cet effet est l’une des raisons pour lesquelles l’art-thérapie est utilisée pour les personnes ayant subi des expériences traumatisantes ou souffrant de dépression ou d’anxiété.

3. Les 5 grands bienfaits neurobiologiques de l’art-thérapie

1. Réduction du stress et régulation du système nerveux

Quand une personne crée, on constate :

  • ralentissement physiologique,
  • baisse de tension émotionnelle,
  • activation parasympathique (état d’apaisement).

« Certaines études montrent une diminution du cortisol (hormone du stress) après un temps de création artistique, même chez des personnes qui ne se considèrent pas créatives. »

Créer calme le cerveau en état d’alerte.

Et quand on parle de créer, on ne parle pas seulement d’art plastique, il y a également : le conte, le chant, la danse, la musique…

2. Meilleure régulation émotionnelle

L’art-thérapie aide à apaiser le système limbique (comprend des structures qui reçoivent des informations de diverses régions du cerveau et qui contribuent à des comportements complexes (p. ex., la mémoire, l’apprentissage, les émotions) :

  • identifier les émotions,
  • leur donner une forme, un nom, une existence
  • prendre de la distance.  

Le fait de créer aide à reconnecter :

  • le système émotionnel,
  • les zones de réflexion et d’organisation.

« On ne supprime pas une émotion en la contrôlant ; on la transforme en lui donnant une forme. »

3. Neuroplasticité : le cerveau peut évoluer

Le cerveau est plastique : il se modifie selon les expériences répétées. Le cortex préfontal se remobilise : c’est une région souvent mise en retrait lors de dépression ou de traumatismes

Quand on crée :

  • nouvelles connexions neuronales,
  • flexibilité cognitive : la capacité à évaluer objectivement une situation et à adopter une réponse adaptée et flexible
  • stimulation de l’attention et de l’imagination.

« Chaque expérience créative est comme un petit sentier neuronal qui se redessine. »

4. Amélioration de la concentration, de la motivation et présence au moment présent

Créer favorise un état proche de la relaxation :

  • concentration douce,
  • diminution du mental envahissant,
  • réduction des ruminations.

« Pendant un moment, le cerveau cesse de survivre et recommence à vivre. »

La création déclenche une libération de dopamine, neurotransmetteur lié au plaisir et à la motivation.

5. Renforcement de l’estime de soi et du sentiment d’efficacité

L’estime de soi repose sur 3 piliers fondamentaux : 

  1. Le regard amical sur soi :être bienveillant et indulgent envers soi-même.
  2. Le juste lien aux autres : trouver sa place auprès des autres. On ne peut pas se passer d’interactions sociales.
  3. L’ouverture au monde :l’estime de soi n’est pas une fin en soi mais un moyen de profiter pleinement de la vie.

Créer un objet visible : → active le sentiment : « Je suis capable. »

Les champs d’applications :

  • burn-out,
  • anxiété,
  • reconstruction identitaire,
  • transitions de vie
  • troubles liés à la maladie, au handicap, troubles TDAH, DYS…
  • deuil,
  • Troubles du comportement
  • Faible estime de soi ou manque de confiance
  • Problèmes d’expression, de communication
  • Gestion des émotions
  • Souffrance au travail
  • Personnes souffrant d’un handicap psychique, mental, ou cognitif
4. Ce qui différencie l’art-thérapie moderne d’un atelier créatif

Un atelier créatif vise le plaisir ou l’apprentissage artistique.

L’art-thérapie utilise la création comme outil d’exploration, de transformation et d’accompagnement.

Ce qui change :

  • intention thérapeutique,
  • cadre sécurisant,
  • observation clinique,
  • symbolique,
En conclusion

« Nous ne créons pas parce que nous allons bien ; bien souvent, nous allons mieux parce que nous créons.»

Sources : Artcurhope, Afratapem

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